Les enfants

Recomposer sa famille

Se retrouver seul ou seule avec ses enfants et refaire sa vie, ce n’est pas simple. Ça l’est encore moins quand le nouveau compagnon ou la nouvelle compagne a des enfants!!!

J’ai vécu plusieurs années seule avec mes fils. Je devais assumer le rôle de la maman mais aussi celui du papa… Puis Arnaud et ses enfants sont arrivés dans nos vies… Le chemin n’a pas toujours été simple mais maintenant nous avons réussi à trouver notre voie et nous formons une vraie famille…

Je vous donne ma recette…

Chaque enfant est différent, chaque situation aussi… ce n’est donc pas une recette universelle mais c’est ce qui a fonctionné chez nous!

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  • Quand on devient maman, on aime notre enfant avant même qu’il ne soit sorti de notre ventre… Quand il vient au monde, on l’embrasse, on le respire… Même s’il est plein de sang, visqueux etc… Devenir belle-mère, ce n’est pas pareil…Il faut être honnête, on n’aime pas l’enfant de l’autre à la première rencontre...  En fait, c’est un peu comme une nouvelle relation, on apprend à se connaître, à s’entendre et à s’aimer…
    Pour ma part, avec Emilien, le courant est passé rapidement car j’étais habituée aux petits garçons, il avait un age similaire à celui de mes fils et il aimait les mêmes choses que mes monstres. Ça a donc été facile…. Avec Elea, le chemin a été beaucoup plus compliqué. Tout d’abord, ça s’est bien passé, puis elle a eu une certaine culpabilité d’avoir des sentiments pour moi, l’impression de trahir sa maman… Dans un sens, c’est compréhensible… A force de discussion, de temps passé ensemble mais aussi avec l’aide d’un professionnel, nous avons réussi à nous apprivoiser…. 
    Mes fils ont eu assez facile de s’entendre avec Arnaud car ils avaient besoin d’une figure paternelle. Ils voient leur papa un week-end sur deux. Florian avait un an et demi lorsque nous nous sommes séparés son papa et moi et il n’avait aucun souvenir de la vie avec un papa à la maison.
  • Discuter et établir les limites.  Ça peut paraître ridicule mais chaque famille a ses propres règles d’éducation. On se retrouve tous ensemble mais avec des règles différentes… Il ne faut donc pas hésiter à en parler et à redéfinir les choses.  Sinon, c’est comme jouer au même jeu sans avoir les mêmes règles.

  • La place de l’autre parent. On ne peut pas faire comme s’il n’existait pas…
    Il faut se rendre à l’évidence Emilien et Eléa ont une maman et ce n’est pas moi. Elle fait partie intégrante de leur vie MAIS je ne veux pas qu’elle fasse partie de mon couple. Tout comme je refuse que mon ex-mari en fasse partie également.  Alors oui quand ils reviennent à la maison, on leur demande toujours s’ils ont passé un bon moment (mais hors de question de faire un interrogatoire) et ils nous racontent ce qu’ils ont envie de raconter. Et puis, on commence notre semaine ensemble…
    A ce moment-là, je préfère éviter d’avoir du « chez maman » ou « chez papa » à toutes les sauces… Donc oui, l’enfant raconte une anecdote qui s’est passé là-bas si c’est nécessaire mais pas question d’en parler vingt fois sur la journée… On profite du temps passé ensemble, c’est important et il n’est pas nécessaire que l’autre parent en fasse partie…  Il arrive qu’ils leur téléphonent c’est logique mais bon, là aussi, pas tous les jours et pas non stop non plus…. 

    C’est une chose qui a été très difficile à intégrer. Au début, par exemple, Elea parlait de sa mère pour tout! Faire les courses, c’était « Maman achète ça, pourquoi toi pas? », un repas, c’était « Maman prépare ce repas de cette façon, pas comme toi », une activité « Je l’ai faite avec maman ». Bref c’était pour tout… Il a donc été nécessaire d’expliquer aux enfants que papa et maman font parties de leur vie, qu’ils ont le droit de les aimer MAIS que nous n’avions pas spécialement envie de connaître les moindres faits et gestes… 
    Chez mon ex-mari, pendant une certaine période (quand il refait sa vie), les garçons avaient l’interdiction totale de parler de moi, ce qui les rendait malheureux. Ils devaient faire comme si je n’existais pas. Ils passaient tout leur temps avec moi mais au final, ils ne pouvaient rien raconter de leur vie. A cette époque, les « Grands » avaient cinq ans,  donc tout ce qu’ils faisaient en dehors de l’école, était avec moi…. 

    Il est vraiment important de trouver un juste milieu.

  • Garder du temps pour le couple. C’est une chose indispensable… Même quand il s’agit de nos propres enfants d’ailleurs.
    Avant d’avoir Victoria, nous avions un week-end sur deux sans enfants. C’était assez facile. Maintenant, on se réserve le repas du soir. On mange en amoureux. Déjà ça nous évite d’avoir une table trop grande mais aussi, ça nous permet de manger dans le calme… On peut avoir l’impression de délaisser les enfants dans un sens, mais nous leur avons expliqué que c’était important pour nous deux de pouvoir passer un tout petit peu de temps entre adultes. 
    Le vendredi, on fait systématiquement un apéro dînatoire avec les enfants. Le week-end, ça dépend un peu de ce que nous faisons, par exemple si le soleil est de la partie, on fera un barbecue où nous mangerons tous ensemble. 
  • Comment doivent-ils nous appeler?  Ca reste une question qui fait débat…
    Dès le départ, la maman d’Elea et Emilien les a obligé à m’appeler par mon prénom. Personnellement, je n’aime pas mon prénom, j’aurai préféré qu’il me trouve un surnom, même simplement Lylly… Pour ma part, je n’ai rien imposé à mes fils. Ils appellent Arnaud comme ils le souhaitent. Parfois donc ils utilisent son prénom ou parfois ils l’appellent même papa. Je suis plus du genre à laisser choisir l’enfant. Qu’il trouve une façon à lui d’établir un lien plutôt que d’imposer quelque chose.
  • Au début, les enfants m’ont demandé comment ils devaient se considérer. Ils ne sont pas frères et sœurs mais vivent dans la même famille.  Dans notre cas, c’est parfois compliqué, Emilien et Eléa sont frère et sœur; Loïc, Samuel et Florian sont frères; Victoria est la demi-sœur de chacun mais Emilien – Eléa et  Loïc- Samuel – Florian ne sont rien… Ils sont amis, c’est un fait mais lorsqu’ils sont chez nous, ils reçoivent la même autorité. Nous avons opté pour le terme quasi-frères et quasi-sœur.  Je constate avec les années que ça leur permet aussi de comprendre que le comportement par exemple que Eléa doit avoir envers Loïc est le même que celui qu’elle doit avoir avec Emilien… Elle ne se marierait pas avec Emilien donc c’est aussi impossible de le faire avec Loïc.  Ils sont tous très proches de Victoria et le terme « demi » n’est même jamais employé, elle est tout simplement leur sœur.
  • Ne pas faire de différences. Les enfants ne sont pas responsables du fait que leurs parents divorcent et ils ne doivent pas en souffrir. C’est en tout cas mon point de vue…
    Même si parfois, ça peut déplaire, je m’implique autant dans la scolarité des enfants d’Arnaud que dans celle de mes fils. Eléa a des problèmes d’apprentissage, surtout avec les chiffres. Ça me paraît donc normal de passer mon mercredi après-midi à travailler avec elle ou de signer les contrôles de tout le monde. Pareil lorsqu’il faut acheter des vêtements, je ne vais pas acheter LE t-shirt que mes fils aiment et ne pas en prendre pour ceux d’Arnaud. Si j’avais 6 enfants à moi, j’achèterais le t-shirt pour chacun de mes six enfants. Alors pourquoi ne pas le faire pour ceux d’Arnaud? Ils vivent sous notre toit de la même façon que mes fils…
    Quand Eléa ou Emilien souhaite un câlin, ce qui est très fréquent, je ne vais pas lui dire « non, tu n’es pas mon enfant » Ils recoivent des câlins et de l’amour exactement comme s’ils étaient mes propres enfants… et pareil pour les engueulades! 

    Au début de notre relation, j’avais lu énormément d’articles sur le sujet dont certains étaient même écrit par des psychologues. J’y avais lu qu’il ne fallait pas prendre la place de l’autre parent, ne pas s’impliquer dans certaines choses etc… Mais l’enfant dans tout ça??? Si c’est la semaine chez papa et qu’il travaille, faut-il laisser l’enfant attendre le retour paternel pour avoir ce dont il a besoin??? A ce moment, il aura un manque cruel de sa mère et souffrira de la séparation… Enfin, je ne suis pas psy, loin de là mais en vivant mon quotidien avec autant d’enfant, je constate qu’ils peuvent avoir un manque et notre rôle d’adulte et de parent est d’aider l’enfant à combler ce manque pour lui donner les meilleurs armes pour grandir.

Je déteste être prise en photo, j’évite donc les photos où je suis dessus!

 

Alors oui Emilien et Elea ont une maman, Loïc, Samuel et Florian ont un papa. Mais même s’ils ne sont pas tous sorti de mon ventre, même si l’autre parent à sa place, je ne peux m’empêcher de tous les aimer et faire mon possible pour les aider à grandir au mieux…. Recomposer une famille ne se fait pas en un jour, ou un mois, c’est un long cheminement, un énorme travail à faire sur soi-même mais ça en vaut la peine…

 

Et chez vous, ça se passe comment???

 

 

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